Chèvres et bières, l’alliance conviviale
Au sein de la SARL agricole « Les chèvres brasseuses » dans l’Orne, la synergie entre les ateliers est technique, mais aussi commerciale.
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Marc Burgerjon s’est installé en 2016 sur l’exploitation caprine familiale aux Au-Thieux-du-Puits, dans l’Orne. Avec sa conjointe Sophie, il a développé la fabrication de bière en 2021.
Des drêches pour le troupeau
« Il y a un cercle vertueux entre ces deux productions, souligne-t-il. Les chèvres consomment les drêches et leur fumier fertilise les cultures. » Au-delà, la production de bière accompagne le développement d’une commercialisation locale des fromages.
Après le départ de Sophie en 2025, Marc Burgerjon se forme au brassage. « Nous exerçons beaucoup de métiers désormais, d’agriculteurs à organisateurs d’évènements, constate Marc. Nous devons à présent consolider la rentabilité de la structure. Le développement commercial sera notre priorité en 2026. »
60 chèvres désaisonnées
Titulaire d’un BTSA « analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole » et d’un certificat de spécialisation caprin, Marc a exercé les métiers de comptable et de marchand de bestiaux, avant d’acquérir l’exploitation de 80 chèvres de race alpine et 11 ha de ses parents en 2016. Historiquement, les fromages produits étaient surtout commercialisés en Région parisienne, dont 30 % en GMS.
Dix ans plus tard, le troupeau a atteint 140 chèvres en production, dont 60 désaisonnées avec un traitement lumineux sans hormone, pour une mise bas en septembre. L’autre lot est trait de mars à décembre. En complément du pâturage de mars à novembre, l’exploitation achète environ 30 % de ses fourrages et 60 % de ses concentrés.
« Tout litre de lait produit est transformé, soit environ 75 000 litres par an, explique Marc. Nous visons 100 000 litres, soit 800 litres par chèvre par an. » Treize fromages lactiques sont proposés, dont une recette aromatisée au miel récolté sur la ferme. Une tomme affinée à la bière est en phase de test.
Une deuxième activité
Après avoir fabriqué de la bière à titre personnel, Sophie Burgerjon a décidé de développer cette activité et rachète le matériel et la marque locale Saint-Paul en 2021. Son diplôme universitaire opérateur de brasserie en poche, elle démarre une production d’environ 300 litres par semaine. « Nous devions accroître nos volumes pour faire des économies d’échelle et être compétitifs », note Marc.
En 2022, 5,8 hectares de cultures sont acquis et permettent l’installation de Sophie. Représentant un investissement de 600 000 euros, dont 191 400 euros d’aides de l’Union européenne via la région Normandie, un bâtiment de 500 m² est construit et permet d’entrer en production en avril 2024.
« Nous avons fabriqué 306,75 hectolitres en 2025 et nous visons un objectif de 500 hectolitres de bière par an », précise Marc. 80 % des orges utilisées sont produites sur l’exploitation en entraide. Marc propose aussi un service de brassage à façon.
Bénéficier du savoir-faire des salariés
« Nous avons intégré les chèvres sur l’étiquette, ce qui a contribué à nous démarquer, souligne Marc. Aujourd’hui, la moitié de notre clientèle achète les deux produits. »
Pour la commercialisation, trois livraisons sont organisées par semaine : en Région parisienne, dans l’Orne et jusqu’au sud du Calvados. Un marché est assuré deux fois par mois dans les Yvelines, à 130 kilomètres.
Le bâtiment de brassage consacre 100 m² à la vente et au bar. « Ce lieu de convivialité remporte un beau succès, constate Marc. Pour les concerts et DJ Set organisés mensuellement, nous avons dû fixer une jauge maximale à 150 personnes. »
En 2025, l’exploitation a employé 3,1 UTH salariées, dont deux pour l’élevage et la transformation laitière et un en brasserie. « Les salariés ont permis ce développement, indique Marc Burgerjon. Nous avons aujourd’hui changé de stratégie en recrutant des personnes formées à nos métiers, ce qui nous permet de bénéficier de leur savoir-faire. »
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